BYD annonce la prochaine révolution des batteries : l’ère du solid-state approche
Le géant chinois des batteries et des véhicules électriques confirme ses plans : premiers prototypes dès 2027, production à grande échelle d’ici 2030.
BYD a commencé comme fabricant de batteries rechargeables avant de devenir l’un des plus grands constructeurs de voitures électriques au monde. Aujourd’hui, la marque revient à ses origines avec une annonce qui pourrait transformer l’industrie : la batterie à électrolyte solide arrive. Selon BYD, les premiers véhicules équipés de cette technologie révolutionnaire verront le jour dans à peine deux ans.
La prochaine étape de l’évolution des batteries
Après avoir dominé le marché grâce à ses batteries LFP (lithium-fer-phosphate), BYD mise désormais sur les batteries à électrolyte solide. Celles-ci remplacent l’électrolyte liquide par un matériau solide, ce qui permet une densité énergétique plus élevée, des temps de charge réduits et une meilleure sécurité.
Du laboratoire à la production industrielle
La filiale de BYD, FinDreams Battery, travaille depuis 2024 sur l’industrialisation de cellules solid-state. La technologie repose sur un électrolyte à base de sulfure et des anodes en silicium à haute densité énergétique. En 2024, l’entreprise a déjà produit des prototypes de cellules de 60 Ah, une étape cruciale vers la production en série.
Le plan de déploiement s’étend sur plusieurs phases :
- 2027 : premières installations dans des véhicules de test
- 2030 : parité de coût avec les batteries liquides et extension à 40 000 véhicules
- 2033 : production annuelle pour plus de 120 000 voitures
La nouvelle usine de Chongqing Bishan prévoit une capacité totale de 100 GWh, dont une première phase de 20 GWh dès 2026. Grâce à l’optimisation des procédés de fabrication, les coûts ont déjà chuté de 33 % depuis 2023, et BYD prévoit d’atteindre un coût de 500 yuans/kWh d’ici 2027 – un record pour cette technologie.
BYD ne veut pas suivre, mais diriger
Lors du Japan Mobility Show 2025, le dirigeant de BYD, Li Yunfei, a confirmé la stratégie ambitieuse du groupe : « Ce que les autres ont, nous l’aurons aussi – ou mieux. »
Selon lui, BYD développe depuis plusieurs années son programme solid-state en toute discrétion. Tandis que des concurrents comme Toyota, CATL ou QuantumScape multiplient les démonstrateurs, BYD concentre ses efforts sur la production fiable et industrialisable. L’objectif n’est pas d’être le premier à montrer un prototype, mais le premier à livrer une solution viable et abordable.
« Cinq ans, c’est plus réaliste que trois »
Le directeur scientifique de BYD, Lian Yubo, tempère cependant les prévisions les plus optimistes : « Trois ans, c’est ambitieux ; cinq ans, c’est plus réaliste. »
Il souligne que le principal défi n’est pas seulement technologique, mais aussi industriel. Les cellules solid-state nécessitent des processus de production entièrement nouveaux et des matériaux spécifiques. Malgré cela, BYD reste confiant : d’ici la fin de la décennie, la marque devrait être prête pour la production en série.
Quels impacts pour l’Europe et la Belgique ?
Cette avancée pourrait bouleverser le marché européen de la voiture électrique. BYD s’est déjà fait une place en Belgique avec des modèles comme les Atto 3, Seal et Dolphin. Avec une batterie solid-state, ces véhicules offriraient non seulement une autonomie accrue, mais aussi une charge plus rapide et une sécurité renforcée.
Pour les conducteurs et les entreprises belges, cela pourrait marquer un tournant majeur : des coûts d’exploitation plus bas, une fiabilité accrue et une réduction du temps de recharge rendraient la mobilité électrique encore plus attractive.
La course vers l’avenir
Avec cette annonce, BYD montre qu’elle ne compte pas céder sa position de leader. Tandis que d’autres se concentrent sur la démonstration, la marque de Shenzhen bâtit déjà les fondations de la production de demain.
Si BYD maintient son calendrier, les premiers véhicules d’essai solid-state devraient rouler dès 2027, avant une adoption massive à partir de 2030 sur le marché européen.
Une chose est sûre : la bataille des batteries est loin d’être terminée, et BYD semble bien partie pour en écrire le prochain chapitre.