Tesla met fin aux Model S et Model X et mise tout sur les robots humanoïdes
Avec la disparition des Model S et Model X, Tesla tourne une page importante de son histoire
Tesla franchit une étape historique : le constructeur américain met fin à la production des Model S et Model X. Les deux modèles les plus anciens disparaissent ainsi de la gamme, tandis que le PDG Elon Musk oriente clairement l’avenir de l’entreprise vers l’intelligence artificielle et les robots humanoïdes. L’usine de Fremont, en Californie, sera reconvertie pour la production du robot Optimus.
Lors de la présentation des résultats trimestriels, Musk a annoncé que les lignes de production des Model S et X seraient arrêtées « avec une mise à la retraite honorable ». La production devrait être progressivement arrêtée au cours du prochain trimestre. Selon Musk, les clients intéressés par une Model S ou une Model X ont donc tout intérêt à passer commande rapidement.
La fin d’une époque
Lancée en 2012, la Model S a marqué la percée internationale de Tesla. Trois ans plus tard suivait la Model X, premier SUV du constructeur. Ensemble, elles ont longtemps incarné la vitrine technologique de la marque. Ces dernières années, leur popularité a toutefois fortement reculé, notamment en raison d’une concurrence accrue et de l’arrivée de modèles électriques plus abordables.
Actuellement, les prix de départ de la Model S avoisinent les 95.000 €, tandis que la Model X débute autour de 100.000 €. À l’inverse, les Model 3 et Model Y — proposées à partir d’environ 37.000 € et 40.000 € — représentent de loin l’essentiel des ventes de Tesla. Ces deux modèles ont assuré à eux seuls 97 % des livraisons l’an dernier.
L’usine de Fremont change de mission
La capacité libérée à Fremont sera utilisée pour la production d’Optimus, le robot humanoïde de Tesla. Musk a précisé que les lignes actuelles des Model S et X seront remplacées par une ligne de production capable, à terme, de fabriquer jusqu’à un million de robots Optimus par an. Il s’agit, selon lui, d’une chaîne d’approvisionnement entièrement nouvelle, distincte de la production automobile existante.
Tesla prévoit par ailleurs d’augmenter les effectifs sur le site de Fremont et d’accroître significativement la production totale de l’usine. Une décision qui illustre l’importance stratégique que l’entreprise accorde désormais à la robotique comme futur moteur de croissance.
Pression sur l’activité automobile
Ce changement de cap intervient alors que les ventes automobiles de Tesla sont sous pression. L’entreprise a récemment annoncé, pour la première fois de son histoire, une baisse annuelle de son chiffre d’affaires, en recul de 3 %. Les revenus issus de l’activité automobile ont chuté de 11 %, tandis que les livraisons de véhicules ont diminué de 16 % au quatrième trimestre, principalement en raison d’une demande plus faible en Europe.
Malgré cela, Tesla est parvenue à dépasser les attentes des analystes grâce à des marges plus élevées et à des perspectives optimistes liées à l’IA et à la robotique. Le titre a d’ailleurs réagi positivement à la publication des résultats.
De grandes promesses autour d’Optimus
Musk qualifie Optimus de « plus grand produit de tous les temps » et estime que les robots humanoïdes et les véhicules autonomes pourraient, à terme, contribuer à un monde sans pauvreté. Tesla prévoit de présenter la troisième génération d’Optimus dès ce trimestre et vise un début de production avant la fin de 2026. La commercialisation auprès du grand public est envisagée pour 2027.
Les critiques soulignent toutefois que tant Optimus que les projets de Robotaxi de Tesla en sont encore à un stade précoce et ne génèrent pour l’instant aucune source de revenus significative. Les investisseurs semblent néanmoins prêts, pour le moment, à suivre Musk dans sa vision d’un avenir où Tesla serait moins un constructeur automobile et davantage une entreprise spécialisée dans l’IA et la robotique.