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Les hybrides rechargeables émettent presque autant que les voitures à essence

De nouvelles données révèlent un écart important entre les émissions officielles et réelles de CO₂ des PHEV

par Francis Logghe | 17 octobre 2025

Les véhicules hybrides rechargeables (PHEV) sont souvent présentés comme une solution intermédiaire respectueuse du climat, mais de nouvelles données révèlent une consommation de carburant et des émissions de CO₂ bien plus élevées que ce que l'on pensait jusqu'à présent. Une analyse de 127 000 véhicules montre que les PHEV n'émettent en réalité que 19 % de CO₂ en moins que les voitures essence ou diesel classiques.

Les moteurs continuent de tourner en mode électrique

Les PHEV sont censés réduire les émissions et la consommation grâce à l’utilisation d’une batterie rechargeable par câble, combinée à un moteur essence ou diesel. Mais en réalité, leurs émissions de CO₂ sont près de cinq fois supérieures à ce que suggèrent les tests officiels. Les données réelles diffèrent fortement des tests officiels WLTP, où les véhicules sont conduits selon des conditions jugées « normales » par les régulateurs.

En conditions réelles, les PHEV émettent en moyenne 135 g de CO₂ par kilomètre, selon T&E sur la base de données de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), recueillies via des moniteurs de carburant sur 127 000 véhicules immatriculés en 2023. Les voitures à essence ou diesel émettent en moyenne 166 g de CO₂/km.

Même en mode électrique, les PHEV consomment en moyenne 3 litres d’essence pour 100 km, selon les données de l’AEE. Cela équivaut à 68 g de CO₂/km – soit 8,5 fois plus que ce que prétendent les tests officiels. Cela s'explique par le fait que les moteurs électriques des PHEV sont généralement trop faibles pour les vitesses élevées ou les pentes raides, obligeant le moteur thermique à prendre le relais. En moyenne, le moteur fournit de l'énergie sur près d’un tiers de la distance parcourue en mode électrique, selon les données.

500 € de plus par an

Les PHEV coûtent aux conducteurs 500 € de plus par an en carburant et en recharge que ce qui est annoncé, en raison de la consommation cachée en mode électrique et thermique, selon le rapport. Les hybrides rechargeables sont non seulement coûteux à l’usage, mais aussi plus chers à l’achat que des alternatives vraiment propres. Le prix de vente moyen des PHEV en Allemagne, en France et au Royaume-Uni en 2025 s’élève à 55 700 €, selon Bloomberg Intelligence. C’est 15 200 € de plus que le prix moyen d’un véhicule électrique à batterie.

Lucien Mathieu, directeur du secteur automobile chez T&E, a déclaré : « Les hybrides rechargeables sont l'une des plus grandes arnaques de l'histoire de l'automobile. Ils émettent presque autant que les voitures à essence. Même en mode électrique, ils polluent huit fois plus que ce que prétendent les tests officiels. La neutralité technologique ne peut pas signifier ignorer le fait que, même après une décennie, les PHEV n’ont jamais tenu leurs promesses. »

Autonomie plus longue = plus d’émissions

Les émissions des PHEV augmentent également en raison de la tendance vers des autonomies électriques plus longues : des batteries plus grandes rendent les véhicules plus lourds, ce qui accroît la consommation en mode thermique. Ces véhicules consomment également plus d’énergie en mode électrique que des modèles plus petits. Les PHEV avec une autonomie électrique supérieure à 75 km émettent en moyenne plus de CO₂ que ceux dont l’autonomie est comprise entre 45 et 75 km, selon les données.

Mercedes-Benz affiche l’écart le plus important entre les émissions officielles et réelles de ses modèles PHEV, selon les données de 2023 : en moyenne, 494 % d’émissions supplémentaires. Son modèle GLE présente l’écart le plus élevé de tous les véhicules vendus cette année-là, avec 611 % d’émissions en plus par rapport à la valeur officielle. Les autres grands constructeurs européens émettent en moyenne environ 300 % de plus que leurs niveaux officiels de CO₂.

L’industrie automobile veut prolonger les PHEV après 2035

L’industrie automobile européenne souhaite continuer à vendre des PHEV après l’interdiction des voitures thermiques prévue en 2035. Les constructeurs demandent également à l’UE de supprimer les « utility factors » – des coefficients de correction destinés à rapprocher les chiffres officiels des émissions de CO₂ des PHEV de la réalité. Les coefficients prévus pour 2025 et 2027 doivent progressivement corriger l’écart entre les données officielles et réelles, ce qui rendra les objectifs de CO₂ plus stricts pour les constructeurs et les poussera à vendre davantage de voitures 100 % électriques.

Lucien Mathieu déclare : « Affaiblir les règles pour les hybrides rechargeables, c’est comme percer la coque de la législation européenne sur le CO₂ des voitures. Au lieu d’orienter le marché vers des véhicules zéro émission abordables, les constructeurs vont l’inonder de PHEV coûteux et polluants. Cela met en péril la confiance dans les investissements dans l’électrique – précisément ce dont le marché a pas de besoin. »

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